Open Data et la RATP, le Conseil National du Numérique réagit
Le débat sur l'ouverture des données publiques en France ne s'annonce pas des plus sereins. Je vous avais récemment relaté les difficultés rencontrées lors de ma collecte de données locales pour le site nestoria France. Plus particulièrement, la réponse de la RATP m'avait surpris. Il semble aujourd’hui que la politique de la régie des transports Parisiens fasse des vagues au point que le Conseil National du Numérique ai décidé aujourd'hui de plancher sur la question.
Depuis quelques jours, la blogosphère et sa petite soeur la tweetosphère vibre d'un émoi particulier à la suite de l'affaire Check My Métro. Si vous n’avez pas suivi, voici un bref résumé : une start up française, Check My Métro, propose depuis 2010 un outil social dédié au métro. Les utilisateurs peuvent “checker”, comme sur Foursquare à telle ou telle station de Métro et partager les bons plans, coups de coeur, coups de gueule, présence des contrôleurs ou autres retards. (Note à l'attention de mes lecteurs londoniens et, s'ils me lisent, aux responsables de Transport For London : il est possible d'utiliser son portable dans le métro à Paris sur la majeure partie du réseau et ce depuis des années, puisque la RATP a annoncé dés 1997, la couverture de tout son réseau. Note à l'attention de mes lecteurs français : Si vous venez voir les jeux olympiques à Londres en 2012, votre mobile ne fonctionnera pas dans le métro)Fin de notes et retour à notre start up. Lors d'une mise à jour en Mai, deux nouvelles fonctionnalités sont proposées : les cartes du réseau et les horaires en temps réel. (Note si vous êtes à Londres, Pubtran est une app fabuleuse et incroyablement efficace pour préparer son trajet, connaitre les horaires et les perturbations en temps réel).Malheureusement, les cartes du métro et les horaires en temps réel sont des données protégées par la RATP et celle ci a demande en Juin à Apple de retirer l'App de L'AppleStore. L'App a été suspendu et un accord est intervenu entre la RATP et Check My Métro qui a supprimé ces nouvelles fonctionnalités.Voila pour le résumé. Mais la lecture de certains blogueurs juristes (ici ou là) apporte un éclairage intéressant sur la position de la RATP en matière d'anti-ouverture des données. Je ne rentre pas dans le détail, mais le concept de données publiques ne semble pas s'appliquer pour les entreprises publiques à but industriel et commercial. Deux exemples rapides pour vous situer le tableau: l'acronyme RATP est protégé. Utiliser le nom de la régie sans accord préalable est donc contraire a la loi.
Plus fort encore, vous ne pouvez pas faire de lien hypertexte vers le site de la RATP sans accord écrit préalable. Cela me semble de l'anti SEO radicale.Bref, ces positions viennent à contre courant de la tendance. Pour exemple, en début d’année, un jeune développeur a lancé un site simplifiant les horaires de la TAN, société gérant les transports nantais. Au lieu de s'en offusquer, la TAN a contacté le jeune homme pour lui demander de plancher sur une offre pour mobile. Cette ouverture rejoint celle de Rennes, précurseur français en matière de mise à disposition des données publiques. Nous voyons ici deux tendances qui reflètent bien les écarts de points de vue sur le sujet.Et c'est en réponse directe a l'affaire Check My Métro que le Conseil National du Numérique a publié un communiqué de presse intitulé : “Le Conseil National du Numérique lance un groupe de travail sur lʼouverture des données, enjeu stratégique pour la France."Il semble donc que les choses puissent, lentement, évoluer mais nous risquons quelques frictions.



